• Bonjour,

    La production d'écrit est toujours un sujet qui m'intéresse beaucoup.
    C'est une activité très complexe, qui convoque beaucoup de savoirs très variés, et simultanément.
    J'e suis avide de lire de nouvelles pistes, surtout car c'est un domaine où je galère, en classe comme dans la préparation.
    Je suis toujours en recherche de techniques pour améliorer mon enseignement.
    Je recherche aussi des éléments de progression, car je rencontre des difficultés chaque année pour préparer cette matière. 

    La gestion de l'hétérogénéité dans une classe de 25 à 30 est un vrai casse-tête pour moi.
    Je suis jeune dans le métier, j'ai lu plusieurs articles ou ouvrages sur le sujet, mais je n'arrive pas encore à adopter pour de bon une démarche, que je garde sur le long terme.

    En CP et CE1, j'observe qu'il est très difficile pour certains élèves de passer de l'encodage (de mots) à la production de phrase.
    A cela vient s'ajouter le fait de gérer la différence de niveau entre les élèves. Il est difficile pour moi de les aider, chacun à leur niveau, d'apporter les aides nécessaires en même temps, nombreuses et très diverses selon les enfants. 

    - Entre ceux qui encodent difficilement un mot (travail sur la technique pour encoder les sons qu'on prononce, en commençant par le premier, dans l'ordre, sans oublier un son, sans confondre avec un autre, en réussissant à trouver la bonne lettre pour le transcrire, sans parler du choix du bon graphème qui sera au début donné par la maîtresse).
    - Ceux qui sont plus ou moins capables de dépasser le "1 mot" et essayent d'écrire une phrase, en tous cas qui sont "en chemin", mais apprennent à segmenter les mots, font des erreurs sur les correspondances lettres-sons et bien sûr d'orthographe.
    - Ceux qui écrivent une phrase en maîtrisant bien ces correspondances, à la syntaxe correcte, mais qui ont besoin d'une aide en orthographe (orthographe lexicale, accords, conjugaison des verbes, homophones).

    Ici je ne vais pas parler de l'encodage de mots. J'ai déjà écrit cet article sur le sujet.
    Ni des rédactions, productions d'écrits ou autres jogging d'écriture, où on lance les élèves avec un sujet.
    Chose que l'on réalise parfois dans les (bonnes) classes de CE1, CE2 et CM.
    Je vais plus précisément parler de cet entre-deux. Quand on commence à faire écrire des phrases à nos élèves (que ce soit sous la dictée ou avec une phrase produite à l'oral, collectivement, puis mise à l'écrit).

    Les deux principales compétences mises en jeu dans ce passage, cet "entre-deux" sont :
    1) de segmenter la chaîne orale en mots, donc de séparer les mots ;
    2) de respecter les règles de majuscule en début de phrase, aux noms propres, respecter la ponctuation, mémoriser et commencer à exercer sa vigilance orthographique, sur l'orthographe lexicale tant que grammaticale.

    Je vais donc parler ici des activités menées en classe pour apprendre à écrire juste.
    On parle donc de la dictée d'apprentissage (et pas d'évaluation) ou encore de la production d'une phrase orale collective, puis de son écriture très guidée.
    Cette pratique est très bien expliquée sur différents blogs, sur lesquels je vous renvoie si vous êtes intéressés par le sujet.
    Les lectures à la base de ma réflexion sur la production d'écrit sont :

    cet article de Zaubette, plutôt pour du CP voire début CE1, qui présente sa façon de procéder en production d'écrit en CP, d'abord collective puis avec des étiquettes individuelles, ou encore celui-ci.
    Plus centré sur la 1ère compétence : segmenter en mots.
    Pour le travail sur l'orthographe, ici les élèves disposent d'un lexique qui leur permet de piocher des mots et d'écrire juste du premier coup.

    cet article de Catherine Huby, sur la production d'écrit d'une ou quelques phrases en collectif (ici en CE1, mais on peut reproduire la même démarche en fin de CP sur des phrases moins longues).
    Qui aborde également la segmentation en mots, mais qui va plus loin dans l'approche orthographique.
    A compléter avec tous les autres articles traitant de l'orthographe graphémique au CE1, la dictée d'apprentissage, sur le même blog.

    ***

    La première étape est donc d'apprendre à nos élèves à bien segmenter la chaîne orale en mots lors du passage à l'écrit.
    Petite remarque : C'est une étape parfois bien difficile pour certains élèves.
    Cela se fait en même temps qu'on leur apprend le concept de mot : une unité qui a un sens, à la différence des syllabes qui n'en ont pas.
    C'est difficile, surtout si au CP on passe beaucoup de temps sur la lecture et l'écriture des syllabes (qui n'ont pas de sens) et qu'on tarde à lire des mots. Les enfants peuvent vite croire que lire et écrire, c'est lire et écrire des syllabes.
    On y arrive, à la longue, à force d'expliquer et d'utiliser chaque jour le vocabulaire, notamment en lecture "Chacun va lire à voix haute, allez Bidule, tu commences par lire la ligne de syllabes", "Nous passons aux mots", "Maintenant on lit les phrases".
    J'ai observé très nettement cette année les progrès de mes élèves dans ma classe de CE1.

    Pour segmenter, donc, on peut utiliser soit un outil individuel, comme les étiquettes plastifiées, soit un outil collective, comme tracer le squelette / l'ossature de la phrase (que de mots morbides !)
    On fait aussi compter les mots, ceux dans des phrases qu'on lit, ou dans celles que l'on s'apprête à écrire.
     
    Je viens de lire un document intéressant à propos de ce qu'on peut mettre en place pour apprendre aux élèves à écrire correctement.
    Cela peut être utilisé en dictée ou dans une production d'écrit collective, très guidée.
    Ce qui m'intéresse particulièrement, c'est le passage par le geste (la mémoire kinesthésique est sollicitée) pour des notions.

    Le lien a été mis dans cet article sur le blog de Chat noir.
    C'est un document présentant une démarche de l'équipe de circonscription.
    Il est sur ce site (académie de Grenoble) où vous pourrez également trouver d'autres ressources, je vous mets le lien directement vers ce document.

    Peu importe les gestes utilisés, pourvu qu'ils soient adaptés à notre pratique de classe.
    Pour ma part, je pense en modifier quelques-uns.

    Les bras grands ouverts (en hauteur) pour rappeler la grande taille de la majuscule.
    Je préfère le poing (main fermée) qui donne comme un coup de tampon, plutôt que les mains croisées, pour rappeler le point.
    Les mains croisées me semblent intéressantes pour signifier une lettre muette (car c'est le signe que j'utilise en classe, quand j'écris au tableau).
    Je pense également à utiliser le geste du "cassé" de Brice de Nice, pour rappeler la séparation entre les mots.
    C'est un geste qui me fait davantage penser à la barre ou le slash /,  utilisée et dans exercices de séparation des mots pratiqués au CP, et à mon code de correction quand les mots sont collés.

    Viennent ensuite les notions grammaticales comme le pluriel.
    Je préfère la version "lever les deux mains" pour garder le sens de "plusieurs mains, c'est du pluriel" plutôt que les mains écartées.

    J'avais déjà lu il y a quelques temps un document présentant la même démarche, qui utilisait également des gestes.
    Je l'ai un peu pratiqué en classe, mais je n'ai pas encore suffisamment intégré la démarche pour que ça devienne quotidien.


    * Par la suite, on va plus loin et on aborde davantage l'orthographe grammaticale.
    A partir du moment où les phrases sont bien segmentées en mots, où le code est bien acquis, les élèves savent écrire, les difficultés ciblées changent. Avant on explicitait l'orthographe grammaticale, maintenant on attire l'attention des élèves pour qu'ils cherchent, justifient et expliquent eux-mêmes.

    Sur le même site, voici un document présentant la suite de la démarche, plus ciblée sur l'orthographe grammaticale.
    Ce qui m'intéresse dans ce document est le fait d'entourer en couleurs les différentes natures de mots et l'usage des flèches pour repérer les accords. C'est ce que je pratiquais les années précédentes en CE2 ou CM1.
    Mais je n'utilisais pas de code couleur.
    On peut faire le lien avec les couleurs utilisées dans les maisons des mots.

    Je trouve cela important également de faire comprendre la notion de groupes dans la phrase :
    Quels mots vont ensemble : le pronom est suivi d'un verbe, le déterminant est suivi d'un nom, parfois on y ajoute un ou plusieurs adjectifs.

    Je pense donc tester ces techniques en cette fin d'année, lors des dictées guidées.
    Dites-moi si vous aussi vous utilisez des gestes ou des codes pour apprendre à vos élèves à écrire correctement.
    Bonne semaine !


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  • Bonjour,
    Aujourd'hui je prends un peu de temps pour revenir sur les différentes progressions que j'ai suivies au cours des dernières années.
    Je vous propose ma réflexion, les choix que j'ai fait cette année, les questions qui perdurent et les changements que j'envisage.

    1) L'ordre des notions pré-requises dans la progression.
    Tout d'abord, un premier point sur lequel j'ai beaucoup fait de bêtises et sur lequel j'ai beaucoup appris ces deux dernières années : 
    pour débuter en conjugaison, il faut déjà avoir des pré-requis !
    A partir de là, une question a émergé dans la préparation de mon année :
    Quelle progression établir et suivre, avant d'aborder la conjugaison ?

    Souvent dans les méthodes, on insiste sur l'importance de savoir trouver le verbe et son sujet.
    Soit. C'est ce que j'ai fait.
    Etant débutante, j'ai suivi des méthodes ou des progressions, en travaillant très rapidement sur le fait de trouver le verbe, puis trouver le sujet.
    J'ai commencé rapidement les leçons de conjugaison, pour ne pas traîner, compter sur la répétition des notions pour favoriser la mémorisation chez nos petits élèves.
    Et puis, en commençant la conjugaison, je me suis rendue compte très rapidement que mes élèves ne savaient pas ce que voulaient dire ces "je, tu, il, elle, on, nous, vous, ils, elles".

    Les difficultés rencontrées la plupart du temps sont :
    - l'impuissance des élèves face aux pronoms elle et on, qui ne sont pas toujours écrit dans les tableaux de conjugaison. 
    - la méconnaissance des conjugaisons à l'oral des verbes courants avec les pronoms nous et vous.
    - la difficulté à jongler entre les sujets "pronoms", "groupes nominaux" ou "noms propres", et le remplacement d'un nom par un pronom. Cela vaut pour les pronoms très courants il - elle / ils - elles, mais aussi pour nous et vous, qui sont moins utilisés à l'oral.

    Je peux vous jurer qu'on se retrouve légèrement con quand, se retrouvant en classe, devant ses élèves, on voit que la progression qu'on suit n'est pas du tout adaptée.
     
    Pour moi, donc, trouver le verbe et le sujet n'est pas la notion la plus "pressée", il me semble qu'il est plus important d'apprendre déjà ce qu'est un pronom.

    Parce que conjuguer, c'est possible même quand on ne sait pas que "les chats" est le sujet de "mangent".
    On cherche à savoir écrire correctement "mangent" et on entend "mange". On n'a pas besoin de se poser la question à chaque fois "Mais tiens donc, qui est-ce qui mange ?" bah ce sont "les chats" bien sûr !
    Cette notion n'est utile que plus tard, dans des cas complexes avec sujet et verbe inversés, participes passés qui s'accordent ou non avec le COD... Pas avec des phrases simples.

    Par contre c'est très difficile quand on a "les chats" et qu'on n'a pas appris à remplacer ce GN par "ils" avec un -S.

    Premier élément très important pour moi : placer l'étude des pronoms personnels sujets dans le début de ma progression, pour avoir le temps de faire comprendre leur rôle (désigner une personne, mais surtout remplacer un GN) et travailler sur le remplacement d'un GN par un pronom.

    Cette année, j'ai commencé en grammaire par cette leçon.
    Je n'y ai vu que des bénéfices :
    - petits mots faciles à déchiffrer (ils permettent de revoir rapidement le graphème OU)
    - introduction intuitive de la notion de sujet : de qui on parle dans cette phrase ? qui fait l'action ?
    - introduction tôt dans l'année de la notion de masculin - féminin, avec différence entre il et elle.
    - distinction tôt dans l'année entre il-elle et ils-elle (donc vigilance sur les pluriels rencontrés)
    - travail rapide sur le remplacement par un pronom, en particulier il-elle / ils-elles. J'ai également abordé nous - vous, mais j'ai bien vu que ça demeurait très difficile pour la majorité de mes élèves de CE1.

    2) La progression des temps abordés.
    Deuxième question qui se pose pour moi : quelle progression adopter ?

    Encore une fois, on se heurte à des "lieux communs" qui sont répandus par telle ou telle méthode très en vogue.
    Mais a-t-on vraiment réfléchi à la pertinence de la progression proposée ?
    La plupart du temps, en CE1, les progressions proposent de commencer par le présent, puis d'enchaîner sur le futur,  puis l'imparfait, et enfin, un peu "comme je te pousse" et "si on a le temps" on voit le passé composé.

    Suite à des discussions sur facebook et avec ma / mes collègues de CE1, j'ai interrogé cette progression.

    * Le présent
    Tout d'abord, on sait que le présent est le temps le plus utilisé, à l'oral comme à l'écrit.
    Tant pour les verbes irréguliers (être, avoir, aller, faire, dire).
    Mais c'est aussi le plus difficile car deux modèles possibles pour les verbes dits "réguliers"
    en -S -S -T pour la pour la plupart des verbes, en -E -ES -E pour les verbes en ER.
    Et c'est également celui où les verbes courants (être avoir aller venir voir dire faire vouloir pouvoir prendre) sont les plus irréguliers. Les programmes demandent de familiariser les élèves avec les verbes irréguliers cités ci-dessus (seulement au présent), ce qui représente un temps assez conséquent.

    * Le futur.
    Ensuite, on voit souvent le futur comme deuxième temps.
    Cependant, là encore, même si sa formation est "simple", elle ne correspond pas à la technique traditionnelle (vue avec le présent par exemple) d'enlever la terminaison de l'infinitif, puis de la remplacer par la terminaison.
    Ce n'est pas dans la continuité des apprentissages commencés. On voit de nouveau une nouvelle "technique", alors qu'on a déjà eu tant de mal à faire comprendre la 1ère à nos élèves, pendant 2 à 3 périodes.

    La conjugaison au futur est relativement facile. Le futur se forme à partir de l'infinitif, soit ER, soit IR, soir RE, auquel on ajoute les terminaisons.
    Une collègue proposait donc de commencer l'année par le futur, afin de réinvestir l'apprentissage sur le verbe et son infinitif.
    Cela permet également de distinguer plusieurs types de verbes, ceux en ER et ceux en IR. On ne parle plus de "groupes" car ce n'est plus dans le programme, toutefois les observations sur les différents infinitifs sont très importantes pour la suite.
    Je trouve donc cette proposition assez pertinente.

    * L'imparfait.
    C'est un temps facile également, car les terminaisons ne changent pas.
    De plus c'est le temps le plus utilisé dans les textes lus : contes et autres récits, albums.
    L'avantage de l'imparfait est de respecter la technique : enlever la terminaison de l'infinitif et ajouter celle de l'imparfait.
    Il est donc plus proche du présent. Il me semble judicieux d'enchaîner l'apprentissage de ces deux temps.

    * Le passé composé
    C'est le temps le plus utilisé spontanément par les élèves, à l'oral et à l'écrit.
    Il est aussi très intéressant car il permet de revoir les verbes être et avoir, qui sont ici employés comme auxiliaires.
    On se limite en général aux verbes en ER, qui forment un participe passé en é.

    Toutefois, le passé composé est relativement difficile du fait du participe passé : sa terminaison en é, qui se confond avec la terminaison de l'infinitif en ER.
    Et également, en production d'écrit, l'accord du participe passé. Bien que dans les exercices, on essaie soit de ne pas confronter les élèves aux accords, soit d'étayer en écrivant par exemple le participe passé, déjà accordé. (--> Elle est venue. --> Ils sont partis.)

    Il me semble donc qu'il est intéressant de le voir en fin d'année, assez éloigné dans le temps de l'étude de l'infinitif, et quand les élèves ont un peu grandi et qu'ils peuvent comprendre que le verbe a plusieurs formes :
    l'infinitif en ER / IR / RE, et le participe passé en é / i / u et autres...

    Je ne sais pas s'il serait plus intéressant de le voir tout de suite après le présent, ou en laissant un peu de temps entre les deux, pour rebrasser les verbes être et avoir.


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  • Rapidement, suite à un commentaire facebook, ma séance découverte sur l'adjectif.

    Et ce que je projette au tableau, pour faire en mode "suspens".


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  • Bonjour,

    Dans cet article je vous parle de mes réflexions sur les listes de mots qu'on apprend en classe, puis que je dicte à mes élèves.

    * En début d'année, j'avais fait le choix de faire apprendre des mots classés par thèmes. J'avais passé un certain temps à faire mes listes de mots. Elles sont ici, si ça vous intéresse.

    Pourquoi avais-je fait ce choix ?
    Parce que j'avais déjà expérimenté les dictées de mots de la méthode "J'entends, je vois j'écris" groupés selon le son, toutes graphies confondues (O AU EAU mélangés) et que je n'avais pas été convaincue.
    J'ai pensé que cela donnerait davantage de sens d'apprendre ensemble les couleurs, les jours de la semaine, les vêtements, les animaux, etc
    Et je le voyais également comme un outil pour écrire, un lexique où il serait facile de retrouver des mots, avec ce classement par thème.
    Je continue donc de suivre les listes de mots que j'ai données depuis le début d'année.

    Toutefois, je suis revenue sur ce que je pensais en début d'année.
    Autant pour servir de lexique, je continue à penser que cela est un formidable outil.
    Autant pour mémoriser l'orthographe des mots, cela n'est pas très efficace.
    Ce sont souvent des mots avec de multiples difficultés.
    Même si j'ai volontairement limité le nombre de mots à 6 ou 7 par semaine au maximum, je trouve que cela fait encore beaucoup de difficultés différentes à mémoriser.
    Par exemple, ils me disent "ah maîtresse je sais qu'il y a un -S muet, un accent, les 2 T, on l'avait dit en classe et en plus je les ai bien appris, j'ai revu avec ma maman, ma soeur, mon grand-père !" Mais ils ne savent plus dans quel mot !
    Mes élèves de cette année sont motivés par cette activité, dans la grande majorité (même des élèves moyens qui pourraient baisser les bras) et pourtant ils mélangent les "pièges" dans certains mots. Bref trop de choses à la fois, trop de pièges différents. 

    Si je devais refaire un choix, je changerai encore de méthode.
    Je ferais sans doute des listes de mots rassemblés par graphèmes.
    Cela permettrait de fixer l'orthographe des mots en limitant à un ou deux graphèmes.
    En simplifiant la tâche pour les élèves, j'ai espoir qu'ils réussiront mieux puisqu'il n'y aurait qu'à mémoriser une graphie particulière (et les éventuels autres "pièges" du mot, lettres muettes, consonnes doubles).


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  • En ce mois de mai, je prépare ma dernière période, je fais le point sur toutes les notions qui restent à faire dans la classe, mais j'ai aussi un regard sur ce que j'ai déjà abordé.
    C'est une période propice au bilan de l'année qui va bientôt s'achever. 
    Un peu de stress de voir tout ce qu'il reste à caser dans le peu de temps restant.
    Et en même temps, déjà l'envie de mieux faire l'année prochaine.

    Je vais parler dans cet article de mon cheminement sur les mots invariables (aussi appelés mots outils).

    Cette année, je n'ai pas du tout travaillé les mots invariables. J'ai choisi de faire apprendre des listes de mots catégorisés par thèmes.
    Dans ce deuxième article, je vous parle de ma réflexion sur ces mots et que j'utilise ensuite en dictée.
    C'est --> là.

    J'ai décidé en cette fin de période de me pencher un peu sur la question des mots invariables.

    Tout d'abord, voici la liste officielle des mots invariables à apprendre chez les CP et CE1.
    http://circo89-avallon.ac-dijon.fr/IMG/pdf/Liste_mots_outils.pdf

    Les années précédentes, j'avais trouvé dans le manuel CLEO une réflexion très intéressante sur les mots invariables.
    Ainsi que le dit le célèbre diction "Qui se ressemblent s'assemblent", dans le petit livret de CLEO, les mots sont rassemblés par ressemblance.
    Un exemple très simple : à voilà déjà (mots avec -à)

    Certains mots se retrouvent donc dans plusieurs catégories (ce qui permet de les revoir) :
    "maintenant" sera avec "demain, soudain, ainsi" dans la liste des mots avec -ain.
    Il sera aussi avec "cependant, avant, devant, pendant" dans la liste des mots avec -ant.

    J'avais donc photocopié et remis en page ce petit livret, je donnais à apprendre 1 liste par semaine.

    Par la suite, j'ai cherché des outils sur internet qui utiliseraient ce même système.

    - Chez "la tanière de Kyban" il y a un livret super bien fait, je vous conseille d'aller le voir, Ayleen a fait un outil vraiment explicite. Les listes ont des titres comme "avec -ant".
    mais pour des CE2 (beaucoup plus de mots) et ça ne me convient pas pour mes CE1 en fin d'année.

    - Un super travail sur le blog "Dans ma trousse", avec des affiches, une carte mentale super bien faite en couleur.

    - Un beau travail aussi chez Caracolus. C'est de son document modifiable que je me suis inspirée pour faire mon rallye "mots invariables".

    http://www.caracolus.fr/memoriser-lorthographe-des-mots-outils-par-analogie/

    ***

    Petite anecdote, j'ai lancé dans ma classe juste avant les vacances les rallyes-copie "animaux" puis "pays" (que vous trouverez ici sur le blog de Bout de gomme).
    Face au succès qu'ont eus ces rallyes en 2 semaines, j'ai pensé à utiliser à peu près le même système.

    J'ai donc fait, à partir du document de Caracolus, des listes de mots pour un atelier "rallye mots invariables".
    Ces mots sont rassemblés selon des "pièges" comme je dis à mes élèves.
    J'ai mis ces "pièges" en couleur afin de faciliter le repérage pour mes petits élèves. C'est ce que nous faisons ensemble quand on apprend les mots, mais comme là il s'agit d'un rallye en autonomie, j'ai pensé que c'était mieux de les soulager de ce travail.

    Voici le document :



    Je pense les plastifier puis découper sous forme de petites cartes, ainsi mes élèves pourront se servir dans n'importe quel ordre, sans monopoliser une feuille chacun.
    J'ai également fait une fiche de suivi. Voici le fonctionnement que j'ai prévu pour ce rallye :

    * Chaque élève devra prendre une fiche de suivi et la coller dans son cahier (le cahier ou l'outil que vous aurez choisi pour faire votre rallye).

    * Lors d'un temps d'autonomie ou d'un atelier, l'élève prend une liste, écrit sur une nouvelle page de cahier le numéro de cette liste et doit recopier 6 fois les mots, afin de les mémoriser.

    * En général quand on apprend des mots, je leur demande également d'écrire une phrase en utilisant chaque mot, afin de donner du sens à ce mot, de bien le comprendre. Je pense faire la même chose avec ce rallye.

    Ils me montreront la page avec les mots recopiés 6 fois et les phrases. Il ne devra y avoir aucune erreur dans les mots recopiés, et je corrigerai rapidement leurs phrases.
    -->Si les mots sont recopiés sans erreur, je mets le tampon vert dans la case appropriée.

    -->S'il y a 3 erreurs, ils auront le tampon bleu. Ils devront alors recopier 3 fois sans erreur pour avoir le tampon vert par dessus.
    Autant faire le travail correctement et s'appliquer du premier coup. J'ai à coeur que mes élèves comprennent ce principe et leur transmettre autant que je peux le goût du travail bien fait. Je trouve que c'est un bon moyen.
    Toutefois ils ont aussi le droit à l'erreur avec ce système, et ils peuvent toujours rattraper un travail qui était un peu moins bien fait, s'ils y mettent de l'application.

    * Ils refont la même chose pour toutes les listes.
    Quand ils auront fini les 18 listes, ils obtiendront le diplôme du rallye copie "mots invariables".

    J'ai pensé que 18 listes avant de finir le rallye et d'être récompensé par le diplôme, faisaient un peu beaucoup.
    J'ai peur que la motivation de certains soit éprouvée, mise à mal, voire tuée dans l'oeuf pour certains qui seraient déjà fatigués et démotivés avant d'avoir commencé.
    J'ai donc réfléchi à un système de niveaux par exemple au bout de 8 ou 10 listes, on peut imaginer donner le diplôme pour le niveau 1, pour entretenir la motivation de nos troupes^^.

    NB: Si on utilise ce fonctionnement, il s'agit d'un rallye-copie.
    Je compte sur le fait que recopier les mots plusieurs fois permette aux élèves de les mémoriser.
    Ici je n'évaluerai pas vraiment si les mots sont mémorisés, écrits sans modèle.

    Une autre version, cette fois en rallye "apprendre ses mots" donc les recopier sans modèle. 
    J'avais pensé à leur demander d'abord de s'entraîner et ensuite de se faire faire dictée les mots par un autre copain.
    Dans ce cas, je valide seulement la dictée réalisée avec le camarade.
    C'est une autre possibilité. A vous de voir ce qui vous convient.

    Moi personnellement, je pense qu'en cette fin d'année je préfère avoir une activité d'autonomie vraiment individuelle, en silence.
    Mais je l'utiliserai probablement sous cette autre forme, une autre année.


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