• Apprentissage de la lecture - 2 - Analyse et synthèse

    Bonsoir bonsoir,

    En ce 14 juillet, je suis en train de lire un ouvrage très intéressant :

    Du parler au lire - tome 3

    de Laurence LENTIN et Christiane CLESSE, Jean HEBRARD, Isabelle JAN, 1979.


    Oui c'est important de noter qu'il date quand même de 1979 et que les questions qui y sont abordées sont toujours débattues aujourd'hui et que les propos sont loin d'être connus / sujets à réflexion / naturels pour tous les enseignants qui enseignent aujourd'hui.


    Ce livre est extrêmement intéressant et apporte de l'eau au moulin de ma réflexion, il me permet notamment de m'interroger sur l'entrée à privilégier dans une méthode de lecture :

    L'analyse ou la synthèse ? 

    Késako ?

    Certains passages de cette lecture remettent un peu en question certaines réflexions que j'avais déjà livrées dans un article précédent.
    J'ai donc eu envie de les reprendre et les remanier pour en livrer une version peut-être plus complète.

    Toutefois, je tiens à dire que ce livre semble préconiser une méthode à départ global, à laquelle je n'adhère pas. Mais certains passages se révèlent très justes et sont intéressants, en particulier sur le passage du déchiffrage à la compréhension. Si vous voulez en savoir plus, je ferai bientôt un article sur le sujet.
    ---> http://libre-ecole.eklablog.com/apprentissage-de-la-lecture-3-du-dechiffrage-a-la-comprehension-a166534218

    Cet ouvrage met en mots ces réflexions bien mieux que moi, cependant j'ai souvent besoin pour me les approprier de les reformuler à ma manière, de me faire mon propre discours intérieur, que je vous livre donc ici. Je vais donc paraphraser, sans doute très mal, les propos que j'ai retenus au gré de quelques chapitres.

    L'analyse / la synthèse - deux manières d'amener le déchiffrage
    Au sein d'une méthode alphabétique (on enseigne le code, c'est à dire les correspondances entre les lettres et les sons qu'elles produisent), on peut distinguer deux approches, qui vont dépendre du premier matériau que l'enseignant soumet aux élèves. Soit partir du mot et le disséquer, soit partir des lettres et les assembler.

    * L'analyse, c'est aller du plus grand vers le plus petit.
    C'est donc partir d'un mot entier et "zoomer", le découper en parties plus petites, les syllabes, puis encore plus petites, les graphèmes. Et à partir de ces graphèmes (lettres isolées ou digrammes / trigrammes) apprendre les phonèmes qui correspondent.


    * La synthèse,
    c'est aller du plus petit vers le plus grand.
    C'est partir des lettres graphèmes, les assembler (combiner) dans un certain ordre, pour fabriquer des syllabes, puis assembler des syllabes dans un certain ordre, pour donner un mot.

    Jusqu'à présent, j'avais appris et compris ce qu'étaient ces deux approches, sans bien pouvoir argumenter sur l'avantage de l'une ou sur l'autre. Sans émettre d'avis. Voilà ce que je pensais dans un premier temps :

    -->L'avantage de la méthode synthétique est que c'est une démarche explicite / mécanique, qui favorise la compréhension de la combinatoire. Toutefois est-ce que la combinatoire suffit-elle à lire ?

    L'inconvénient d'une entrée synthétique est qu'on part de lettres et de syllabes, donc d'unités qui n'ont pas de sens. J'ai pensé qu'il était essentiel avec une telle entrée, de rapidement donner l'opportunité de rencontrer des mots qui font sens, pour rendre le sens de l'activité de lecture (lire, c'est décoder pour comprendre). Toutefois la balance penchait pour cette approche, qui me semblait plus claire et explicite pour apprendre aux enfants à déchiffrer.

    --> Quant à la méthode analytique, l'avantage est qu'on part d'unités qui font tout de suite sens.
    On part d'un mot (chat, chasse, papa, Malo, Marie ou autre -on reconnaîtra l'influence de la lecture du blog de Catherine Huby et de sa méthode dans le choix de ces mots, qu'elle a pris pour point de départ de sa méthode de CP, Lire et Ecrire au CP-) mots que l'élève comprend tout de suite et avec lequel il a parfois un lien affectif. 

    Ca amène tout de suite un intérêt supplémentaire, pour un petit 5-6 ans, de savoir lire tout seul, comme un grand, quand on sait qu'on va lire "papa" ou "chat". 

    L'inconvénient que j'y voyais est que le départ est un peu artificiel, il nécessite la lecture d'un adulte, puis à partir de ces mots et phrases déjà lus (donc reconnus dans leur globalité dans un premier temps très court) il faut ensuite aller "chercher" les lettres étudiées. Puis c'est en comparant plusieurs mots qui contiennent ce même graphème (ch --> dans chat / chasse), mais qui diffèrent tout de même (je vois un -t / je vois -sse) qu'on en déduit le son commun (ch).

    Toutefois, la lecture de ce livre m'a amenée à penser que la méthode analytique serait sans doute plus avantageuse, alors qu'au départ elle me semblait plus artificielle (présenter d'emblée une phrase et des mots à des élèves qui ne savent pas lire).

    En effet, dans l'approche analytique, on permet à l'enfant de se projeter dans la signification de ce qu'il lit.
    On amène tout de suite cette idée : ces phrases et ces mots sont porteurs de sens, et c'est bien ça l'objectif final. Lire pour comprendre ce que ça raconte.

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